Une seule chair !
Difficile question que les pharisiens posent à Jésus… pour le piéger. Cette page d’évangile est dure à l’intérieur comme à l’extérieur de la question. Même si une fois encore, la question n’est que prétexte, c’est bien elle que l’on entend et qui bouleverse :
« Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? » Il répondit : « N’avez-vous pas lu ceci ? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme, et dit : À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair.
Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
Deux expressions retiennent l’attention : pour n’importe quel motif et une seule chair.
Deux expressions à bien situer dans le piège tendu pour « mettre Jésus à l’épreuve. »
Pour n’importe quel motif : Les pharisiens ne trouvent rien moins que cette expression, à la fois totalisante et flou. Flou car signifie vie sans racine, sans épaisseur humaine, sans temps, en absence d’histoire qui se construit. Totalisante car le n’importe peut aller jusqu’à viser la superficie des petits riens, qui font mal et peuvent effectivement tuer.
Profitons de la question pour nous demander où nous en sommes de l’enracinement de notre amour ? Vivons-nous à la surface, à fleur de peau, et donc capable de mettre à l’épreuve l’autre pour n’importe quel motif ?
Une seule chair : c’est la vie engagée, avec un don total de l’un à l’autre, à part égale, entière, communion d’êtres qui s’aiment et se donnent, se reçoivent.
Profondeur des petits riens qui engendrent joie, paix, persévérance, durée et réalité d’une histoire qui se construit sur le pardon. Profitons de la question pour une bonne relecture ! Quel chemin de communion pour nous ?
Homme et femme, Dieu les créa,
Dieu les unit, aujourd’hui,
c’est nous qu’il crée et à qui il confie sa création :
laissons-le nous inventer,
Chair de sa Chair !
