Parfum bio !
Cri dans la nuit : « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre ! » D’où vient ce cri qui met en route ? D’où vient ce cri qui suscite agitation et prise de conscience ? D’où vient ce cri qui divise… ? « Les insensées avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leur lampe, de l’huile en réserve. »
Toutes partent à la rencontre de l’Époux, toutes s’endorment, toutes se réveillent, mais certaines sont jugées par Jésus « insensées » et d’autres « prévoyantes« . Deux termes qui ne s’opposent pas totalement : le contraire d’insensées seraient sensées, alors que veut dire Jésus dans cette parabole ? Qu’est-ce qui nous touche ?
Les insensées ont pris leur lampe sans huile de réserve.
Les prévoyantes ont aussi pris leur lampe mais avec de l’huile de réserve.
C’est l’huile de réserve qui les sépare plus qu’elle ne les oppose. Cette huile que le cri a comme jaugé ?
Quelle est cette huile de réserve qui ne se partage pas ? Quelle est cette huile de réserve nécessaire pour garder sa lampe « allumable » à tout moment de la nuit, au cri de la nuit ? Quelle est cette huile de réserve qui ferme la salle des noces alors que la miséricorde l’ouvre toute grande ? Le cri a réveillé, le cri a donné la mèche.
Cette huile est don de l’Esprit, parfum d’amour donné à butiner. Elle est réponse librement recueillie, miel des collines, prête à être consumée. Comment pouvons-nous la récolter ?
Cette huile n’est-elle pas tout simplement la vigilance de chaque jour, alimentée par la Parole lue et relue, méditée, mangée, savourée ? Rien de plus bio !
Huile parfumée de toutes les rencontres, de toutes les relations, de toutes les paroles et de tous les gestes familiers, du temps qui façonne la vie, de l’attente qui la burine.
Huile portée dans notre vase d’argile, dans notre vie fragile, vulnérable, mais si précieuse et unique, vie marquée par le temps qui ne nous appartient pas. Huile que le cri peut encore rendre plus précieuse…
Huile de l’amour et de la liberté, huile de la vie donnée, huile de sainteté au goût du labeur quotidien, huile essentielle des larmes de compassion, de componction, d’émerveillement. Alors ce cri dans la nuit porterait-il la marque de l’Esprit ?
Huile de réserve qui déborde au soir couchant, renouvelée au Soleil levant et suscité par le cri dans la nuit.
N’emportez rien pour la route !, dit Jésus aux disciples.
Alors, cette huile de réserve ?
Elle est au-dedans de nos vies,
l’amour qui brûle et réjouit, ce parfum de ‘l’amour,
sa Marque ? Le cri !
Elle n’est rien, rien que le parfum de la vigilance d’amour,
le parfum répandu au jour le jour, le parfum de ce jour ;
sa marque ? Cri !
