Aujourd’hui !
Un mot qui résonne bien : aujourd’hui. Pourquoi cet aujourd’hui plus que tous les autres ? Lundi de rentrée, lundi de recommencement pour nous auditeurs réguliers de la Parole, Jésus, Verbe fait chair. Oui, aujourd’hui, nous recommençons la lecture de l’Evangile selon saint Luc. Aujourd’hui, nous retrouvons Jésus en son commencement de mission. Jour charnière entre le dernier passage de st Matthieu, médité sur la vigilance et celui-ci sur le commencement de sa vie publique.
« Jésus leur dit : « Cette parole de l’Écriture, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ! »
La liturgie nous donne donc de recommencer, plus que la lecture, la réception de la Bonne Nouvelle pour aujourd’hui, par un aujourd’hui bien mal reçu par les gens de Nazareth, pris de fureur. Ils ne supportent pas d’entendre Jésus commenter la Parole d’Isaïe et annoncer : « c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit !« . Alors comment aborder ce jour de rentrée, jour d’aujourd’hui, jour de nouveauté ? Comment nous laisser traverser par cet aujourd’hui incertain, inconnu, improbable ?
La réaction des gens surprend : ils font volteface, ils sont voltefaces ! Réaction bien inattendue d’autant qu’à l’écoute des premiers mots de Jésus, ils semblent s’étonner en bien, « Tous avaient les yeux fixés sur lui. », dans l’attente, même si la surprise est là : « N’est-il pas le fils de Joseph ? » Ils sont tenue en haleine, haleine de vie… soif d’infini…
Alors pourquoi cette fureur, ce retournement, cette violence qui monte et fait foule, jusqu’à vouloir le jeter du haut d’une colline ? Pourquoi une telle fureur poussée jusqu’au meurtre ?
L’aujourd’hui de Dieu est annonce de la Bonne Nouvelle,
l’aujourd’hui de Dieu requiert la foi de ceux qui l’accueillent,
l’aujourd’hui de Dieu fait œuvre de création et donc de séparation,
l’aujourd’hui de Dieu est accomplissement de l’Écriture, à la manière divine, et non selon nos vues humaines, nos pensées humaines, nos désirs humains.
L’aujourd’hui de Dieu est de Dieu, pas de l’homme… Comment l’accueillir et en vivre ?
L’aujourd’hui de l’accomplissement de l’Écriture met l’homme à genoux, pour accueillir, et recueillir ce don gratuit, inouï, enfoui ?
Quel don ? Peut-être celui d’un cœur tourné vers des réalités qui lui sont inaccessibles mais offertes gratuitement par fulgurances de passages de Dieu. Alors comment accueillir ?
C’est aujourd’hui, pour nous !
Un Visage, celui du Christ, celui des frères,
celui d’un prochain qui tend la main, que nous n’attendons pas.
Ne passons pas notre chemin, Dieu se donne !
