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Quel permis ? Quel défendu ?

« Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de la perdre ? »

Les scribes et les pharisiens sont convoqués à un moment crucial de remise en question et ils sont furieux, furieux d’être pris à revers par Jésus qui déplace la question :
des règles du sabbat au jugement de conscience. Il met en balance de façon quasi ridicule : faire le bien, sauver une vie ou faire le mal et perdre la vie. Comment ne pas provoquer la fureur de ses détracteurs ? il fait passer, ou plutôt sauter du permis-défendu à la liberté de l’amour sans bouée, sans rappel, sans sécurité. Comment entendons-nous ce saut du permis et du défendu ?

Saut possible qu’en Jésus, vrai Dieu et vrai homme. Eux ne peuvent encore savoir, mais ils sont Moïse, les Ecritures. Ils sont sourds et aveugles.
Qui peut parler ainsi ? Qui a autorité ?

Lui en Maître du Sabbat, ne le supprime pas, au contraire, il l’honore plus que personne, il l’accomplit et en l’accomplissant achève la création qui est alors salut. Autre manière de dire, sauver la vie.
Jésus rend au sabbat son véritable sens, sa raison d’être : le sabbat est fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat.

Faire le bien – sauver une vie, c’est participer de l’œuvre de Dieu, lui rendre gloire , l’honorer, le servir en servant nos frères. Aujourd’hui il y a urgence et grande ouverture. Que devons-nous faire ?
Nuit et jour, jour et nuit, d’un jour à l’autre, d’un bout du monde à l’autre, il y a urgence de vies à sauver. en pain, en eau, en terre, en paix. Salut qui jaillit du bois de la Croix, qui puise sa force et sa puissance dans le sang du Fils répandu sur le monde et pour le monde, une fois pour toutes et aujourd’hui, pas nos vies, nos mains, engagées et au labeur de l’amour.

Faire le bien – sauver une vie n’enferme pas dans une loi mais ouvre les oreilles du cœur et délie la langue de la vérité : il y a urgence que notre vie se mette à battre au rythme de la vie de tous les hommes et se livre aux cris des plus vulnérables. Il y a urgence de vies à transmettre et à respecter, urgence d’amour.

Faire le bien – sauver une vie ne supporte pas de délai, surtout pas celui du permis-défendu, il est VENT qui souffle, TORRENT qui emporte, FEU qui brûle, FOLIE qui voit, FORCE qui agit et brise qui murmure : va à ma vigne !

pour écouter le billet https://www.benedictines-ste-bathilde.fr/wp-content/uploads/2026/09/quel-permis-quel-defendu.mp3