Quelle clé de lecture ?
Nous retrouvons Pierre, pour ce dimanche de septembre, avec toutes ses questions. Il montre une réelle audace et va pourtant tomber de haut de son humanité et interroge la nôtre.
« Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus le déplace promptement, presque durement : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.«
Déjà sept fois paraissait énorme à Pierre, de l’ordre de l’exploit. Oui pardonner sept fois ? Oui, Pierre croyait que c’était une barre très haute. Et Jésus renverse sa mesure, pour une mesure sans mesure. Il forge ainsi la clé de la fraternité. Une clé hors norme et d’un matériau tout autre.
Clé est à mesure divine, à la mesure du cœur de Dieu qui seul peut pardonner l’impardonnable et venir le vivre en nous, par nous. Comment accueillir telle clé et la faire tourner dans le bon sens…
Finis les trousseaux monstrueux, orgueilleux de clés en tout genre pour toutes les serrures sauf celle du cœur.
Jésus ouvre nos cœurs cadenassés avec son passe-partout : le pardon, fruit de la Croix d’où déborde l’Esprit. Il ouvre et nul ne peut fermer, sauf notre liberté. La liberté des fils et filles de Dieu, cette goutte d’huile de la lampe des vierges sages dont Jésus fait l’éloge… Avons-nous bonne réserve ?
Pierre a entendu, nous entendons.
Pierre est tombé, nous tombons.
La clé demeure donnée et l’huile à portée de cœur. Huile reçue par le pardon demandé encore.
Nos serrures grinceront mais s’ouvriront à la Vie
pour toujours,
car l’Innocent a vaincu toute violence et la mort pour toujours !
