Plus que Jonas !
Jonas sera notre compagnon du jour. Un compagnon pittoresque. Comment emboiter le pas ?
Jonas revient sur le devant de la scène après avoir tracé le chemin déjà la semaine dernière. Accueillons ce compagnon avec chaleur, nous avons bien besoin d’amis pour donner sens à nos vies, en voilà un, donné gratuitement, oui allons à sa rencontre et écoutons, regardons, mettons-nous en route.
» En réponse à la proclamation faite par Jonas… et il y a ici bien plus que Jonas ! » Et oui demande de tout temps, cette demande de signe… Tous demandent des signes. Demande de tout temps et de tous. Quel signe demandons-nous ? Un ? Plusieurs ? Mais savons-nous les lire ? Comment lisons-nous la vie ? Peut-être une bonne question.
Au temps de Jésus, personne ne sait qui il est, malgré sa vie, ses paroles, ses gestes. Il demeure chez les siens et les siens ne le connaissent pas. Or, ses paroles, ses gestes sont signes. Jean parle du premier, « Cana ».
Jésus parcourt villes et villages et se livre, jusqu’à donner les mots de la prière, le chemin du cœur à cœur avec son Père et la foule s’amasse pour plus, pour autre chose, quelque chose qu’ils ne savent pas. De cet absolu qui hante nos vies.
De ce cri existentiel qui nous déchire et qu’un nom devrait pour Jésus suffire. Jonas. Or les signes ne suffisent pas et Jésus en souffre. Comment percevons-nous le décalage entre le signe de Jonas et la réaction des foules ?
Le secret du cœur de Dieu, seul Jésus le connaît. Le secret du dessein d’amour, seul il le connait.
Pour ses disciples, le mystère demeure épais. Jésus avance alors par clair-obscur : « Il y a bien plus que Jonas ! » Pas question de signe chez Luc, le récit est encore plus abrupt, Jésus dit : « Il y a bien plus que Jonas. »
Alors que veut dire Jésus ? Comment Luc le transmet-il ? Pourquoi cette comparaison avec Jonas ?
Plus que Jonas, ce prophète vomi par un gros poisson après trois jours de mauvaise digestion ! Trois jours d’enfermement pour comprendre l’appel à la conversion et se mettre debout pour répondre à l’appel de Dieu et consentir à devenir signe de conversion, à obéir et à devenir voix de Dieu qui appelle. Ce signe demeure signe, parlant, invitant.
Jonas a crié du fond des entrailles du poisson : » du fond des enfers, j’ai crié vers le Seigneur ! Il m’a répondu ! » Jonas, l’homme de la détresse entendue pour qu’il soit rendu vivant à la mission confiée. Quel chemin empruntons-nous ?
Avec Jésus, il y a plus que Jonas. Jésus le martèle. Qu’entendre ? Il anticipe pour ses auditeurs, alors que pour nous, il interprète. C’est le signe de la Croix qui se dresse.
Jonas fut vomi, Jésus vient sauver. « Plus que Jonas« , mais Jonas demeure là. Plus que des signes, la Croix demeure passage. Un pas à faire, sans nul doute. Le pas de la foi en la résurrection qui offre le salut à qui se laisse rencontrer, saisir, appeler, retourner, envoyer.
Le secret de sa Croix, Jésus seul peut le révéler parce qu’il l’illumine de son amour et de sa prière au Père et le murmure au cœur.
Entrons dans l’intimité de Dieu,
avec Jonas par son cri,
avec Jésus, par son amour qui sauve.
Que son nom soit reconnu !
