À qui ?
Dimanche des missions, dimanche de choix à faire, dimanche de choix car dimanche pour Dieu ! Jésus rencontre de la violence en veux-tu, en voilà. Les pharisiens cherchent à le piéger et tout est bon. Ils envoient de leurs disciples pour faire tomber Jésus. A qui ? Piégeux devient De qui ? interpelant.
Alors de qui sommes-nous ? A quel Dieu croyons-nous ?
« Rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ! » Tout le monde connaît l’adage… mais qui arrive à sa pratique ? Qui voit clair ? Des témoins comme saint Luc en dessinent la route.
Ces témoins, à la suite du Christ, que vivent-ils ?
« Avec humilité et respect… en toute humilité et pure dévotion.«
Tels sont les mots que saint Benoît utilise pour qualifier la prière au chapitre 20 de la Règle. Deux figures de témoins surgissent en ce dimanche, Jacob et saint Luc dont la fête se fait plus que discrète.
Prière et humilité, c’est peut-être ce qu’il nous faut garder d’eux, de leur prière. Ces deux mots suffiront largement, si nous nous laissons éveillés, émerveillés. De quoi sont-ils porteurs et à qui sont-ils envoyés, en missionnaires ?
Ils portent la Bonne Nouvelle, dans leur vie fragile, ces vases d’argile que Dieu façonne… Il porte la prière et l’humilité de la vérité, ils savent qui ils sont, qui les envoie. Ils portent le souci des autres et intercèdent sans relâche. Ils travaillent au nom de Dieu, et en portent l’effigie gravée dans leur coeur.
Que transportons-nous dans notre prière ? Où en sommes-nous de notre relation à Dieu ? Prière et humilité. Jacob, saint Luc, saint Paul sourient.
L’humilité est creux, descente, silence du désert, regard levé vers le Père, dans le murmure moqueur de tant de critiques, de tant de pièges encore tendus.
Dieu est là, là espérant en chaque être humain parce que présent en chacun.
Dieu est là, là en murmurant l’espérance sans détour, sans piège, simplement en Mots offerts,
Dieu est là, là en établissant sa demeure en lui pour inviter chacun à communier à sa grâce.
Prière et humilité : Dieu est là c’est pourquoi Jésus peut retourner la question « A qui ? » en « De qui ? » et attendre dans le silence du coeur, la réponse des contradicteurs.
Jésus ne répond par une question que pour inviter à découvrir la fausseté du coeur, l’hypocrisie qui se transforment en violence, en volonté de mort. Il ne tergiverse pas. Sa Parole tranche. C’est sans doute cet appel pour aujourd’hui qu’il nous faut entendre, en missionnaires de l’espérance, de qui sommes-nous l’effigie ? De qui portons-nous le sceau ?
Dimanche des missions, celle d’aimer,
Dimanche à cœur ouvert, aimant
Dimanche du témoins discret, Saint Luc :
Fiat ! Magnificat !
