Cède-lui ta place !
Une parabole peu anodine pour qui veut bien s’y arrêter ! Prenons le temps de la lire en entier ! Elle fait place à l’ami ; ne serait-ce pas toi ou bien est-ce à toi que l’on demande de céder ta place ? Grincement de dents… Jésus profite de ce sabbat pour pousser ses invités à changer. Quel rapport avec le sabbat ? Si l’évangéliste note que c’est jour de sabbat, c’est que cela a son importance et doit faire saisir une intention particulière.
Soyons donc attentif à la parabole très vivante.
Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : “Cède-lui ta place” ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : « Mon ami, avance plus haut« , et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi. En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé.
Et oui, question de place. Le sabbat fait place à Dieu. Il invite chacun à se décentrer et à se mettre ou remettre sous le regard de Dieu. Alors pour nous, où sommes-nous ? Où courir d’emblée ? Où résonnent ces mots en nous ? Comment prendre ce temps pour Dieu au centre de nos vies ?
N’allons pas par quatre chemins : la parabole est simple à comprendre, plus difficile à entendre, encore plus difficile à vivre ! Et pourtant… n’avons-nous pas le désir de ce « vivre vrai » pour « vivre libre » ? La place de l’ami n’est-elle pas la place du vrai dans nos vies ?
Vivre vrai sans fard, sans masque, sans recherche de pouvoir, de compliments, d’adulation, d’excitation : vivre libre.
Vivre vrai, tels que nous sommes, là où nous sommes, enracinés dans la réalité : ni trop petits à nous cacher, ni trop grands à nous imposer : vivre ami et prendre le temps de l’amitié.
Vivre vrai, au cœur de la fête comme à des noces, comme au cœur du désert, au cœur des tentations, frappés de plein fouet par la violence indicible : mendiant de Dieu qui couvre de son Esprit par pur amour : place au fils, juste place.
Vivre vrai,
vivre ami, enfants de Dieu,
Vivre vrai, vivre à sa place :
devenir l’ami : celui du Fils : juste heureux !
