Aller son chemin…
Nous voilà de retour à la synagogue. Tout n’est pas si tranquille, moins qu’au bord du puits en Samarie … illustration de cette ouverture du cœur de tous les cherchés par Dieu ? Jésus ouvre des verrous et fait grincer bien des serruriers …
« A ces mots dans la synagogue, tous devinrent furieux, ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin. »
Par sa parole, Jésus dérange, provoque même une furie dans la synagogue. Il touche les cœurs blindés sur leurs certitudes, sur leurs acquis trompeurs. Il touche pour réveiller, pour déplacer pas pour juger, il vient sauver. Mais ses auditeurs ne peuvent pas entendre… pourquoi ? Et nous ?
Sourds à la Parole, ils perdent la raison, ce qui les conduit au désir de le supprimer, le tuer purement et simplement. Jésus passe au milieu d’eux, il traverse la furie et va son chemin.
Jésus traverse le danger en « allant son chemin ». Il sait d’où il vient, du Père et il sait où il va, au Père. Son chemin passe par ces traversées du désert, des foules en furie, des ravins de la mort, des enthousiasmes éphémères, du reniement, de l’abandon, de l’angoisse. Il marche sur les routes des hommes, en annonçant la Bonne Nouvelle, il marche en s’appuyant sur la Loi et les Prophètes.
Comment aller notre chemin, aujourd’hui ?
Nous avons devant nous tant de violences, d’incompréhensions, de trahisons, encore d’indifférence de lassitude, de non-sens à traverser, comment faire ces pas nécessaires, ces pas pour la vie, pour un plus de vie ?
Lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin … en prenant Jésus avec nous ! Il reste bien une petite place secrète, au bord du puits de notre cœur assoiffé où que nous soyons, quoi que nous fassions… assis, debout, allongé, en voyage, au travail, en voiture, à table, dans une chambre d’hôpital, ou à la croisée des chemins… il reste bien un espace Jésus pour cocher un trou sur l’agenda Qu’il reste avec nous si nous désirons rester avec lui…
Invitons-le : « Reste avec nous, il se fait tard… »
Tard, oui, par la nuit des angoisses du monde à traverser,
mais, avec lui, par lui, en lui, allons notre chemin !
