Amour de préférence !
L’appel à être heureux se concrétise en nos lieux de vie, nos lieux de fracture. Jésus s’y arrête. Des images pour nous surprendre ce matin pour parler d’amour de préférence, et par n’importe lequel, l’amour qui met en route pour suivre Jésus : la construction d’une tour, un roi qui part en guerre,. Sommes-nous vraiment à la porte de la sainteté d’à côté ?
Ne gardons qu’une image : « Quel est celui d’entre vous qui veut bâtir une tour, et ne commence pas par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? Car s’il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui.«
Jésus a pris le temps de s’asseoir, au bord du puits, dans la barque, chez Marthe et Marie, chez le pharisien, dans la montagne. Il prend le temps de voir, de prier, de laisser mûrir. Ces images alors s’appuient sur la vie concrète. Jésus s’appuie donc sur le bon sens pour donner une nouvelle leçon de vie à ses disciples : renoncer à soi .
Or, et pour Jésus, ce n’est pas plus difficile que de s’asseoir avant de faire quoi que ce soit, bâtir une tour, partir en guerre. C’est sans doute à entendre avec l’oreille du coeur. Pour nous, première étape souvent bien ardue, nous asseoir et faire silence…
Il faut encore comprendre que cette foule qui suit Jésus est appelée à une vie nouvelle, vie qui nécessite un moment de réflexion pour décider de le suivre jusqu’au bout, d’aimer jusqu’au bout. Car avec Lui, c’est bien partir pour porter sa croix contre vents et marées, c’est bien « prendre congé de soi » instant après instant pour découvrir et choisir ce chemin escarpé pour être heureux.
Ainsi, ce n’est pas tant le comment qui importe, ici, mais la décision initiale. Bâtir une tour est un simple exemple.
Pour bâtir une tour, il y a d’abord le bon sens. Est-ce possible ? Et la possibilité repose sur les raisons qui induisent les fondations.
Quelle tour bâtir ? Il faut oser se poser cette deuxième question, et pour cela s’asseoir. Quel sens donner à sa vie ? Qu’est-ce que nous désirons bâtir ? Une tour d’ivoire, une tour de Babel, une tour de garde, une tour imaginaire, la tour Eiffel ?
Une tour – phare afin de prendre de la hauteur pour voir l’horizon plus large et contempler la beauté de la création, pour accueillir le passant ? Une tour – symbole de durée, de solidité, de fidélité, et même de fierté ? Une tour – accueil de solidarité, de fraternité, de convivialité ?
Jésus a bâti une tour, la seule qui demeure, la Croix Glorieuse !
Rude leçon de vie, mais leçon pleine de forces et d’espérance, car leçon de compassion, leçon faite de chair et d’os engagés, leçon qui se reçoit, au secret du face à face pour entendre l’Esprit nous inviter à nous asseoir pour nous recevoir du Père et donc recevoir le chemin du renoncement juste et heureux. En route ?
Une seule tour vaut la peine de s’asseoir,
avant d’être bâtie : la tour du face à face
qui apprend à ne rien préférer au Christ,
car c’est choisir de vivre en frères et soeurs universels !
