Bêcher, arroser ?
Jésus, le Patron des écolos en ce samedi de haute tension en France ? Pour faire comprendre l’urgence de la conversion, voilà une parabole pleine d’humour, de réalisme, aux couleurs écolo au sens fort.
Que vient faire cette parabole face aux contestations de la foule ? A sa peur qui se mue en tension menaçante ? Ecoutons :
« Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : ’Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ? ’
Mais le vigneron lui répondit : ’Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas. ’ »
Cette nouvelle parabole illustre une question qui fait scandale : « ces dix-huit personnes mortes écrasées par l’effondrement d’une tour, étaient-elles plus coupables ? Non, si vous ne vous convertissez pas…. ! » dit Jésus.
Bien compliqué à mettre ensemble, sur le plan humain :
Comparer la mort incompréhensible de personnes à un figuier qui ne porte pas de fruit, quels rapports ? Où est le pointe de fuite ?
Une fois encore, Jésus déplace les questionneurs, de la tête au cœur, du raisonnement à l’esprit, de la vie à l’essentiel de la vie, au sens de la vie, au secret de la vie, et donc aux personnes qui vivent.
Il appelle à porter du fruit par la conversion. Il y a urgence de conversion car il y a urgence vitale, vie éternelle dès maintenant commencée. Or cette urgence prend du temps, pas moins de quatre ans si l’on est attentif aux années de patience déjà lourdes de conséquences. Trois ans sans rien, labeur perdu… et le vigneron l’oublierait-il ?
Revenons à cette mort accidentelle. Elle est scandaleuse, n’a pas de sens, et Jésus ne lui en donne pas. Il ne peut mettre du sens là où il n’y en a pas ; mais il peut convoquer à changer, à inverser le rapport à la vie, à lui donner sens pour qu’elle porte du fruit.
Il trace un chemin nouveau qui commence maintenant pour porter du fruit en temps voulu, après trois ans d’attente, encore un an pour que le figuier bien soigné d’un coup de bêche et de bon fumier offre du fruit.
Qui va bêcher notre arbre de vie ? Quel fumier mettre en abondance ? Qui saura en prendre soin un an durant ? Aujourd’hui, bien des situations sans espoir de vie, sans visibilité de vie, sans appétit pour vivre et pourtant tous aimés de DIeu, tous appelés fils filles de Dieu.
Ne cherchons pas très loin, chacun peut donner un coup de bêche, et demander à son plus proche de l’aider… Quant au fumier, la Parole, une parole, une présence qui interroge, un regard qui relève, un geste qui encourage, un silence de connivence, sont tout à fait de mise pour le jour nouveau qui commence. Aucune violence, aucune revendication, aucune injustice, seulement la vie de Dieu semée à temps et contre-temps, la vie de Dieu semée à tous les vents, la vie de DIeu gardée par les vivants.
« Mon fumier, c’est toi ! »
verse en abondance, en douceur et espérance !
Sans violence, et toute humanité, en toute humilité,
Figuier de Dieu, dans le Jardin des Écritures !
