Gamins, glouton !
Ce matin, bel échange de compliments qui fait un peu douter de l’appel de dimanche à pardonner 70 fois 7 fois. Deux poids, deux mesures ? Ecoutons bien pourquoi Jésus harangue ainsi la foule.
Jésus disait à la foule : « À qui donc vais-je comparer les gens de cette génération ? À qui ressemblent-ils ? Ils ressemblent à des gamins assis sur la place…
Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et vous dites : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.”
Jésus voit cette foule qui le suit, qui l’interroge et qui le quitte comme des gamins. La foule consomme sans s’investir. Elle prend sans donner fruit. Elle exige sans s’engager.
Foule qui ressemble à des gamins sans cesse insatisfaits, qui ne savent pas ce qu’ils veulent, qui se savent pas discerner, qui ne savent pas encore bien ce qu’ils sont. Jésus ne semble ni fâché, ni impatient. Il harangue presque avec générosité en cherchant une comparaison accessible. Il ne juge pas, mais tente de comprendre et de trouver la faille pour entrer en vrai dialogue.
La preuve ? Cette foule de gamins ne sait pas qui est Jésus. Elle le voit manger et boire comme tout le monde, elle le voit ne pas faire de distinction de personnes, « amis des publicains et des pécheurs« .
Subtil retournement : ne reconnaissant pas Jésus, ces gamins ne peuvent pas être, être heureux, être satisfaits de ce qu’ils sont, de ce qu’ils ont.
Alors, accueillons ces mots « gamins », « glouton, ivrogne, ami des publicains et des pécheurs » comme autant de coups de marteau qui résonnent dans notre cœur pour nous réveiller, nous enseigner. « Pour vous, qui suis-je ? » Notre vie toute entière est appelée à répondre, plus en actes qu’en pensées, qu’en paroles, sans pour autant nous taire si nous pouvons parler. Comment quitter l’état de gamins pour devenir adultes ? Urgence de grandir !
La Bonne Nouvelle que Jésus porte et nous apporte, c’est lui-même, : ce glouton, cet ivrogne, cet ami des publicains et des pécheurs, c’est lui. Il est Dieu au milieu de l’humanité en marche. Il est venu chez les pécheurs que nous sommes et il y demeure. Il est don sans retour, ami des hommes sans détour, Pain qui rassasie, Vin qui réjouit.
Oui, il demeure en chacun de nous ! Alors, gamin, il l’est aussi en nous, et chose étonnante, stupéfiante : nous sommes ses amis : « Par tous ses enfants, la sagesse de Dieu a été reconnue juste. » En chacun de ceux qui l’accueillent, la Sagesse de Dieu est reconnue. Urgence d’accueillir !
Gamins ? Glouton ? Ivrogne ?
Pour devenir Amis, tabernacle de la Sagesse de Dieu !
En marche vers la joie du Royaume, allègrement,
Pas de traînards.
