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Hélas ?

« Hélas pour toi Chorazin ! Hélas pour toi Béthsaïde ! »

Hélas ! Petit mot qui en dit long, autrement que «  malheur  ! » Le texte en grec emploie ce petit mot «  hélas  ! »
Il résonne aux oreilles des auditeurs comme cri d’appel, comme regret, comme impuissance, comme tristesse profonde. Qu’est-ce qui met Jésus dans cet état au moment où il envoie ses disciples en mission ?

Tout semble pourtant bien aller, il est entouré de cette équipe choisie, qui le suit et l’admire, prête à tout, à qui il donne pouvoir sur les esprits mauvais… Il les instruit et montre sa confiance. Il les prépare à ce premier envoi mais il sait qu’ils ne seront pas bien reçus partout.

Cette éventualité de non-accueil le touche. En fait, c’est plus qu’une éventualité ; il sait bien qu’ils traverseront des villages hostiles, qui n’accueilleront pas leurs paroles, qui refusent l’annonce du Royaume telle qu’il la leur confie. Il sait et en est bouleversé.

Hélas, hélas !
Les disciples reçoivent donc l’ordre de quitter ces villes et ces villages, en y laissant même la poussière collée à leurs sandales, manière de dire qu’il ne faut rien emporter, rien garder, rien espérer. Étrange, de la part de Jésus. Mais fondé et mieux : fondateur ! Pourquoi ?

« Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé.« 
Chacun est libre, libre de donner son écoute, de prêter l’oreille, d’entrer en dialogue avec la Bonne Nouvelle du Royaume, de se tourner résolument vers Jérusalem derrière l’Envoyé. Chacun est libre de choisir la Voix pour trouver la Vie, en parcourant un Chemin inattendu, celui de l’Écoute.

Hélas, hélas !
Oui, hélas quand l’oreille se ferme à la parole de vie qui frappe à la porte pour un retournement total, une espérance nouvelle, une conversion heureuse, celle manifestée par le choix de cette liberté radicale, la liberté des enfants de Dieu.

résonne en nous, cet « Hélas ! hélas ! » de Jésus ?
Là, il frappe, non pour nous rejeter, nous juger,
mais pour y apporter sa liberté, fruit de l’écoute !
Ouvrons, l’Esprit souffle pour une aurore d’espérance !