Joie parfaite !
Nouveau rebondissement dans la suite du discours d’adieu que Jean développe avant la Passion entre le récit du lavement des pieds « Ayant aimé les siens, il les aima jusqu’au bout’ et son arrestation.
Le commandement de l’amour est comme sublimé et devient joie parfaite promise. Comment Jésus peut-il parler de joie parfaite alors même qu’il va être arrêté, mourir crucifié sur une Croix ?
Cette joie unique que Jésus offre, il l’annonce d’emblée parfaite. Que pouvaient entendre ses disciples ? Et nous ?
Nous n’en sommes pas tous là, et pour cause, la vie nous malmène bien, un pied pourtant à l’étrier de la foi, qui se fait amour … alors comment mettre l’autre à l’étrier de la joie parfaite, donnée par le Vin versé ?
« Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. »
Jésus poursuit l’ultime formation des disciples avant de passer de ce monde au Père. Ils ont reçu l’essentiel de ce qu’ils pouvaient comprendre, saisir, vivre : ils ont été introduits par le Fils dans le Mystère de Dieu, dans le mystère de leur propre humanité. Mais cela ne suffit pas pour le vivre, y participer. La naissance met au monde, or, pour vivre, le combat commence et il est rude. Il faut pour eux, pour nous « demeurer dans les commandements reçus« . Il faut naître et consentir au manque… pour vivre d’amour, de foi, semence de joie parfaite.
Comment les disciples ont-ils mis en pratique les commandements reçus, eux qui ont fui, trahi ? Au lendemain de la Résurrection, la question taraude, la joie crépite dans ces cœurs lents à croire, lents à aimer, lents à se laisser boire par le Vin des Noces.
Reste l’appel lancé qui fait signe, appel à la joie parfaite. Appel à ouvrir sa vie à son origine ; l’amour du Père pour le Fils et dans lequel le Fils demeure et accomplit le salut.
Appel reçu ? Appel pour tous, pas de doute, l’Esprit murmure :
et met en joie, en joie imprenable !
