La paix donnée !
Nouvelle déroute des disciples que nous pouvons bien saisir…. Jésus part, il va au Père et laisse la paix, sa paix. Jusque là, tout va bien, niveau compréhension du message, mais les choses s’obscurcissent tout d’un coup : « C’est ma paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne : ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. »
Nouvelle énigme dans les paroles de Jésus, « ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. » Que peuvent comprendre les disciples qui ne connaissent que ce monde ? Comment ont-ils pu percevoir « ce monde autre » dont parle Jésus, en le côtoyant ?
Concrètement, comment Jésus donne-t-il sa paix ? Comment les disciples qui sont du monde et ne connaissent que la manière du monde pour donner, peuvent-ils la recevoir ? Comment Jésus peut-il rencontrer ses disciples et leur donner la paix ? Bien des questions qui demeurent nôtres malgré plus de 2000 ans de transmission, de vie, de fécondité de la Parole. Alors, à la lumière pascale, quelle paix entrevoyons-nous ?
Depuis la Cène, le lavement des pieds, Jésus livre son testament. En reprenant le récit de Jean, des étincelles de lumière éclairent notre question :
Jésus ne sert pas ses disciples, à la manière du monde, il les sert à genoux, en serviteur libre,
Jésus ne donne pas sa vie, à la manière du monde, il la dépose entre les mains du Père, en liberté d’amour.
Jésus ne parle pas, à la manière du monde, il dit ce qu’il entend dire du Père, Il parle en Fils libre, aimé du Père, aimant le Père.
Ce n’est pas à la manière du monde… A la manière divine, à la manière dont nous avons été façonnés, en fils à l’image de ce Dieu d’amour. Manière divine de vivre ?
Jésus vit du Père, Jésus est dans le Père, Jésus conduit au Père, Jésus et le Père sont Un, Jésus part vers le Père et promet l’Esprit, il promet aussi de revenir. Ce n’est pas à la manière du monde… Manière unique de Dieu, en son amour originel offert de toujours à toujours, don irrévocable de Dieu. Manière divine d’être ?
Comment sommes-nous touchés par ces mots ? Où nous rejoignent-ils ? Où les entendons-nous parler vrai dans notre vie ? Nous sommes bien du monde et pourtant, quelque part en nous, nous sentons que nous ne vivons pas pour ce monde. En nous certaines aspirations ne semblent pas de ce monde, les accueillons-nous, les honorons-nous, les écoutons-nous ?
Jésus passe du monde au Père et donne sa paix, le croyons-nous ? Un petit caillou est posé sur la route, sur notre route, deux mots gravés dessus : croire et paix … et la pierre, c’est notre cœur devenu chair …
A nous d’inventer la manière,
dans la lumière de sa Parole et de l’Esprit,
à l’écoute de la voix du Père… notre chair en chemin de plénitude !
