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La séparation !

Déjà quarante jours… Quarante jours de proximité et de joie que l’Eglise nous a fait vivre, pendant ce temps pascal, mettant nos pas dans ceux des disciples qui restent toujours habités par la crainte. Etonnement ? Pas si certain au regard de notre foi éprouvée par la vie quotidienne, le silence des signes que nous souhaiterions, des changements que nous pouvons même initier…

Quarante jours pour emboiter le pas de Jésus et des disciples, premiers témoins de l’Inouï, de la Résurrection du Fils envoyé par le Père, résurrection qui signe non seulement la divinité du Fils, mais aussi notre divinisation. Incrédulité ? Parfois oui, avouons-le nous pour pouvoir nous présenter libres sous le regard bienveillant du Père.

«  Il se sépara d’eux et fut emporté vers le ciel. »
Quarante jours qui s’achèvent par une séparation que Jésus a préparée, qu’il dit nécessaire, qu’il rend presque joyeuse, au seuil d’une plénitude, pas moins de quatre « tout » sans son dernier envoi :

« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Tout converge vers une joie cachée, crépitant sous la braise de la tristesse de la séparation. Tout converge sur le mont des Oliviers où aujourd’hui tant de larmes coulent… Cette joie cachée crépite pour faire naître la véritable espérance, don de l’Esprit.

A l’Ascension, nous célébrons le mystère de la séparation qui devient mystère de l’absence-présence, mystère de la communion dans la foi parce que la séparation déchire le voile et fait brèche…

Le silence est grand mais pas vide.
La séparation est bénédiction, au secret de l’espérance en creux du tout perdre et tout attendre.

A nous de descendre dans notre cœur profond pour vivre ce mystère d’intériorité comme source de vie nouvelle, alors, oui, nous pourrons sans peur « être témoins de tout cela » et porteurs de cette joie cachée, plus forte que toute mort, car joie née de l’Esprit, joie née des larmes de compassion.

pour écouter le billet https://www.benedictines-ste-bathilde.fr/wp-content/uploads/2026/05/la-separation.mp3