Lenteur du soir !
Mercredi de l’Octave qui conduit à faire route avec les disciples de Jérusalem à Emmaüs, et chose surprenante, d’Emmaüs à Jérusalem… Un aller-retour en quelques heures qui bouleversent tout. Déjà nous sommes mis dans une demi-confidence, car nous en savons plus que les disciples grâce au narrateur, trop heureux d’annoncer que Jésus est vivant. Comme s’il ne pouvait se taire. « Jésus faisait route avec eux et leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître ! » Comment entendons-nous ce verset ?
Jésus apparaît, il se montre à deux disciples, et il n’est pas reconnu. Leur cœur est fermé sur leur douleur, sur leur déception, sur la perte de leur espérance, sur la mort de cet homme en qui ils avaient cru.
Leur cœur est aveuglé et ils vont s’entendre dire qu’il est lent à croire … Lenteur d’un soir, juste bon pour rentrer chez soi. Qu’est-ce qui nous anime en chemin de retour ?
Le Maître les accompagne sur le chemin, et il est lui-même le Chemin.
Mais eux ne sont pas encore sur le vrai chemin… Le Maître prend son temps, il marche à leur pas. Sagesse d’un Dieu qui connaît le cœur de l’homme.
Il faut que le Vivant les déroute pour qu’ils prennent le Chemin de leur cœur nouveau, le Chemin de la Résurrection de celui qu’ils ont vu mort. Chemin de résurrection pour eux-mêmes.
Chemin du cœur brûlant …
Ne craignons pas de perdre le chemin pour trouver Le Chemin !
Ne craignons pas de nous laisser guider par la douceur de la brise du matin, après la lourdeur du soir, même si nos yeux ne le voient pas… Peut-être lui nous reconnaîtra dans le regard d’un pauvre, d’un enfant, d’un passant…
Ne craignons pas la longueur du chemin, la lenteur du cœur à croire, la profondeur du mystère à traverser…
Le chemin est ouvert, il passe par le jardin, le tombeau ouvrant le Livre de la Vie….
Reste avec nous !
