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L’heure de la moisson !

Admirable leçon de pédagogie en ce dimanche où les moissons sont largement finies. Pédagogie de croissance et d’espérance ! 

« Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient l’ivraie ? » il leur dit : « C’est un ennemi qui a fait cela.’ Les serviteurs lui dirent : ’Alors, veux-tu que nous allions l’enlever ?’ Il répond :
’Non, de peur qu’en enlevant l’ivraie, vous n’arrachiez le blé en même temps ! Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, rentrez-le dans mon grenier.’ »

Jésus demande que l’ivraie semée par l’ennemi ne fasse pas plus de dégât que de pousser, là où elle a été semée. En fait, l’ivraie n’a qu’une faible capacité de croissance, celle semée. En l’arrachant, cette capacité serait multipliée par le risque d’arracher plus. Jésus demande donc de laisser l’ivraie jusqu’à la moisson et le travail de tri sera alors assuré par les moissonneurs, sans rien perdre du bon grain. Les disciples ne semblent pas comprendre, de retour à la maison, Jésus leur explique cette parabole. Il ne va pas plus loin. Les deux autres ont-elles été mieux saisies ? Pourquoi ce silence ?

Ne sommes-nous pas nous aussi invités à consentir à l’ivraie dans nos vies, semée par l’ennemi ?
 Comment consentir par sagesse, non par faiblesse ?
 Comment consentir par bon sens évangélique, non par démission ?
 Comment consentir par humilité, non par compromission ou ambition ?

Jésus défriche un nouveau chemin, celui du consentement à l’ivraie mélangée au bon grain, à la présence de l’ennemi qui œuvre, mais qui sera lié au temps de la moisson, ennemi vaincu une fois pour toutes par le Pain de la Vie.

Il défriche un sentier de vie escarpé, réaliste, enthousiasmant parce qu’il trace une voie sans repli sur soi, sans volonté forcenée, sans violence excitée, sans découragement épuisant : il propose la patience de la moisson qui vient, la constance du bon grain qui porte en lui son fruit, l’humilité de l’acceptation d’être bon grain jeté en terre.

pour écouter le billet https://www.benedictines-ste-bathilde.fr/wp-content/uploads/2026/07/l-heure-de-la-moisson-1.mp3