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Mangez ! Buvez !

Ton Corps dans ce mystère
vient pénétrer le mien
et ton âme elle aussi
vient s’unir à la mienne.
Je ne suis plus alors
ce que j’étais avant.


Cette strophe d’un poème de sainte Bénédicte de la Croix, Edith Stein, nous fait entrer par une petite porte de côté, dans le Mystère que nous célébrons aujourd’hui : le Mystère de l’Eucharistie. Côté ouvert par la lance, côté du Temple d’où jaillissent les fleuves d’Eau vive.

Mystère d’un Geste, Mystère d’un Mémorial inouï, que notre intelligence ne peut qu’effleurer. Mystère insaisissable et pourtant à portée de côté qui fait brûler nos cœurs, qui transforme nos vies. L’Homme Jésus se fait Pain et Vin aujourd’hui parce qu’hier il a livré sa vie. Aujourd’hui, il veut nourrir notre Vie. Il vient demeurer en nous. Mystère murmuré et mille fois célébrés.

Jésus insiste : il faut manger sa chair.

Huit fois, il utilise ce verbe manger pour inviter au Festin des Noces . Huit fois saint Jean met dans sa bouche ce verbe qui fait feu ! Oui, manger la chair du Fils, non pas en simple souvenir, mais en mémorial, en actualisant dans la foi, ce don de sa vie au soir du Jeudi Saint… Rien à faire, nos mots sont vides et si pauvres pour expliquer ce qui ne demande qu’à se vivre en entrant par la porte de côté.

« Prends et mange ! » Et » Tu auras la vie éternelle ! »

St Irénée a saisi du dedans la profondeur du Mystère, dès le second siècle : si nous mangeons le Pain incorruptible, nous devenons membres du Corps incorruptible.
Tout est question de manger, de boire, de participer et de devenir, de chair à chair, dans la foi.

Mystère tellement épais que l’Eglise l’expose et le propose à l’adoration pour nous laisser toucher, pour que notre regard se laisse toucher par l’Inouï du Mystère. Dieu insaisissable, immense d’amour, Dieu Créateur, présent totalement présent, Vivant dans cette hostie, exposée, disposée, comme prisonnier ! Adoration qui ne prend sens que dans la célébration du Mystère qui fait Corps, qui fait Eglise. Adoration qui ne prend sens que dans ce prolongement de contemplation, de communion : devenir pain rompu pour nos frères, faire pain partagé avec ceux de la porte d’à-côté.

pour écouter ce billet https://www.benedictines-ste-bathilde.fr/wp-content/uploads/2026/05/mangez-buvez.mp3