Mi-carême = mi-chemin ?
Jeudi de mi-carême, serions-nous donc à mi-chemin ?
Peut-être du Feu pascal mais bien loin d’atteindre nos désirs qui sont appelés à grandir jusqu’au face à face, quand nous verrons Dieu et serons tous en tout ! Alors où en sommes-nous de notre marche à la suite du Christ, Parole faite chair ? Qui suivons-nous ? Comment bougeons-nous en chercheurs cherchés ? Comment écoutons-nous la Parole et la mettons-nous en pratique ?
Une parole bien étrange pour ce jour : » Si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est survenu pour vous. » dit Jésus.
Qu’est-ce que ce doigt de Dieu fait donc ? Comment nous concerne-t-il ? Quel désir vient-il toucher, pointer, soulever ?
Le doigt de Dieu travaille pour nous, en nous : il façonne le cœur de l’homme et le fait participer à sa vie en dessinant l’image de son Fils, au pas à pas des iotas d’amour tracés instant après instant. Une synergie d’amour : l’amour premier de Dieu et notre amour en réponse à cet amour.
Mais Jésus pointe son doigt sur une réalité encore plus profonde, il prolonge le doigt de Dieu, le doigt du Père. Il est venu pour faire advenir le Règne, apporter la paix en chassant les démons. C’est plus que jamais au présent. Comment ne pas être tenté de demander une telle intervention de Dieu aujourd’hui ? Mais rien de magique, dans notre foi… Un lent chemin de conversion pour tous, de tous…
Le doigt de Dieu rend la parole à un muet. L’Évangile de Luc passe sans transition de l’enseignement sur la prière, le « Notre Père « , avec l’exhortation à « chercher, demander, frapper » au récit d’une guérison et pas n’importe quelle guérison : un muet. ! Un homme retrouve la parole.
Ne soyons pas étonnés que la guérison d’un mal physique soit interprétée comme la victoire contre le mal, illustration de l’enseignement, Parole qui fait ce qu’elle dit : cela peut nous déranger, nous déplacer. Nous ne sommes pas habitués à penser ainsi, à voir de tel miracle. Mais laissons-nous conduire plus loin qu’à la surface de l’exceptionnel.
Le doigt de Dieu nous touche pour nous sauver. Jésus proclame la Bonne Nouvelle et la sème, Lui, l’amour du cœur de notre Dieu, passe aussi par la parole du frère, de la sœur, parole tout près de nous… Comment l’écoutons-nous ? Que fait-elle en nous ? Nos mutismes ?
Il mène en nous le bon combat, celui de notre baptême. Ainsi il nous libère de tout mutisme pour nous donner de chanter à pleine voix la victoire de Dieu sur les forces du mal, les forces de la mort.
Laissons-nous travailler par la grâce de Dieu
qui nous apprend à désirer apprivoiser nos forces vives
pour une liberté toujours plus créative, en chercheurs cherchés !
