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Moi, je suis le Pain !

Nous poursuivons la lecture de saint Jean, avec le cœur brûlant brûlé par les Écritures. Elles illuminent la nuit d’un feu particulier, ce feu de braises qui cuit le Pain venu du Ciel. Poésie du jour ou vérité d’amour ?

Moi, je suis le Pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »
« Telle est la volonté de mon Père ; que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

De l’œuvre à faire, Jésus fait passer au pain à manger. Saut dans la foi un peu brutal, et franchement fou mais pour ses auditeurs, ces habitués de l’Écriture, ces hommes de loi, rien de très surprenant. Tous La parcourent et connaissent parfaitement la longue marche du peuple au désert nourri par la manne. Rien de surprenant que Dieu nourrisse son peuple, peut-être mais que cet homme soit le Pain de vie …

Pour nous, le chemin semble encore plus peineux, malgré la lumière pascale qui éclaire le chemin pour oser passer d’une table à l’autre… Table de la Loi, Table du pain partagé.. Comment ne pas abandonner la course ?

Jésus touche ses auditeurs justement au cœur de leur foi : Moïse a conduit son peuple au désert et l’a nourri quarante ans suite à leur manque de foi, pour passer en Terre Promise. Un détour de 40 ans au désert pour apprendre que Dieu se penche sur son peuple, Dieu le nourrit, lui donne à boire, lui parle, le soutient, l’aime….

Ses auditeurs font mémoire : Tout leur peuple nourri de manne dans un désert sans fin à la recherche de la terre promise, à la recherche d’un Dieu caché se donnant au goût affiné de chacun, chaque matin : Inouï.

Jésus remet Dieu au centre ; il remet Dieu à sa place. œuvre du Fils : voilà bien qui est dérangeant. Ce n’est plus la manne et Moïse qui est au centre, et donc ceux qui en sont bénéficiaires, mais Dieu. L’auteur du don inouï de cette nourriture de salut est le Père que Jésus révèle, et il ne peut être saisi comme une chose même élevée au nom de « manne », il ne peut être que reconnu et adoré par tous. Appel à une grande purification et conversion.

Premier saut qui annonce un deuxième plus périlleux encore : ce pain du désert est nouveau, pour eux, pour nous aujourd’hui. Il est lui-même, Jésus ce pain de vie. Difficile de saisir la profondeur du mystère en quelques mots surtout quand c’est de faim et de soif étanchées pour toujours. Difficile mais le Feu Pascal brûle et donne éclat. Chemin de foi en chemin, Chemin de faim et de soif en chemin de Feu.

Chemin de partage du pain de la terre, de la paix sur terre, pain et paix sont de vrais appels, de vrais aiguillons au cœur de notre vie quotidienne, marquée d’injustice, d’inégalité, de folies.

Faim et paix sont porte étroite pour passer de ce monde au Père, de notre vie à sa vie, de nous centrés sur nous à Lui, Centre car source : Dieu Amour avec sa volonté éternelle : nous la donner en Pain de vie.

pour écouter le billet https://www.benedictines-ste-bathilde.fr/wp-content/uploads/2026/04/moi-je-suis-le-pain.mp3