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Peur ?

« J’ai eu peur !« 

Une exclamation qui pourrait passer inaperçue au milieu des talents comptés et recomptés que la parabole des talents expose. Or, cette peur peut ouvrir une nouvelle piste, une piste bien en friche : celle de la peur qui paralyse. Emboitons le pas au serviteur peureux en ce mois de la Création !

Sa peur le paralyse, puisqu’il enterre le talent reçu. La terre est aride pour l’argent !
Sa peur l’aveugle et lui fait perdre le discernement, la raison même.
Sa peur lui renvoie en miroir sa peur, et la grossit : il ne veut pas perdre la face aux yeux de son maître, il ne veut pas le décevoir et préfère ne rien faire. Il rend ce qu’il a reçu : un point, c’est tout.

Or, ce qu’attend le Maître c’est justement l’audace de faire fructifier le don reçu. Il n’attend pas pour lui, le retour des talents puisqu’il les laisse aux serviteurs talentueux.
Le serviteur peureux n’a pas cru en la bonté du maître. Sa peur lui a fait porter un jugement téméraire et mortifère.

Que veut souligner Jésus, dans cette parabole ?
Même si nous n’avons qu’un talent, celui de la vie, alors n’ayons pas peur ! Un seul talent, ce « rien » que la vie est, est déjà énorme.
Nous participons à la vie de Dieu et il nous demande de ne pas l’enterrer, cette vie, mais de la faire fructifier, même si elle n’est qu’une larme.

Une seule larme, comme talent de création,
une seule larme à ne pas enfouir,
une seule larme, rosée de vie,
telle est la joie du Seigneur de la Vie !
En ce temps de création, ne larmoyons pas !

pour écouter le billet https://www.benedictines-ste-bathilde.fr/wp-content/uploads/2023/09/peur2sept.mp3