Peur de ne pas Le reconnaître…
Ce premier lundi de Carême, nous voilà tous rassemblés devant le Fils de l’homme. Le jugement dernier commence. Et chose étrange, personne ne semble savoir ce qu’il a fait ou pas fait, qui il est et pourquoi il est là. Relisons attentivement pour entendre combien tous sont déroutés par les paroles qui leur sont adressées. « Quand ? » Et nous ?
Que croyons-nous entendre ? Qu’espérons-nous entendre? Entendons-nous ?
« Venez les bénis de mon Père… tout ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! »
« Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges… chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait ! »
Appel sans contestation possible illustré magistralement par la chute de Saul, devenu Paul : « C’est moi, Jésus que tu persécutes ! » Mais comment ne pas passer toute notre vie à ignorer ce que nous deviendrons ? Comment vivre ?
Aujourd’hui, Jésus lève une première peur qui nous tenaille et souvent nous paralyse : la peur de l’autre différent, le pauvre, si souvent perçu comme une menace, déjà à notre confort, à nos désirs, à notre individualisme. Le pauvre nous invite au partage, à l’attention. Il nous ouvre à l’amour.
Jésus nous donne une clé pour oser tendre la main, oser tendre l’oreille, oser ouvrir notre cœur, oser la chute, le plongeon dans l’amour inconditionnel, qui ne supprime pas la prudence. Quels vrais désirs motivent nos moindres gestes ?
La clé ? Ce pauvre nu, affamé, sale, en prison, malade, étranger a un visage ! Il est quelqu’un, quelqu’un aimé, sauvé par le Fils. Le Christ a établi en lui sa demeure, comme en nous… Le Christ s’identifie à chacun, en donnant à chacun de devenir soi, unique, aimé, sauvé. Il nous cherche, vient à notre rencontre, il nous désire chacune, chacun.
Clé qui ouvre, mais ne fait pas tout… L’Esprit travaille à ouvrir en nous le verrou de la peur. A nous d’entrer dans la relation, dans toute relation autrement, le regard, l’oreille éveillés à une présence autre, une présence mystérieusement bonne, une petite parcelle d’humain à la ressemblance de Dieu parcelle inviolable, Chercheurs cherchés par l’Esprit d’amour qui parle à notre esprit… Ouvrons !
Que l’Esprit parle à notre esprit, dans le silence !
