Plus qu’un Apôtre !
Une femme en vue ! Pas besoin de jumelles pour voir, il faut entendre ! Au petit matin, dans le Jardin, une femme, Marie-Madeleine cherche éperdument un mort, Jésus, le Crucifié. Elle cherche, seule, en pleurs. La scène porte tout le drame de l’humanité, le nôtre et nous rejoint encore ce matin de juillet.
Un murmure dans un jardin surprend, des pas ont précédé, un dialogue furtif, et soudains comme une lumière intérieure… ce « plus que Jonas » prend chair et s’anime.
« Jésus lui dit alors : « Marie ! » Elle se tourne vers lui et lui dit : « Rabbouni ! » ce qui veut dire : « Maître » dans la langue des Juifs. Jésus reprend : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur, et voilà ce qu’il m’a dit. » «
Rappelons-nous, ce matin de Pâques ! Oui ce Matin unique, une fois pour toutes et qui demeure à jamais le Matin. Matin réservé à une femme ; Matin de la Rencontre ; Matin de l’envoi.
Ce cri qui retentit : « J’ai vu le Seigneur ! Et voilà ce qu’il m’a dit ! «
Les disciples ne peuvent croire, personne n’ose entendre et tous sont comme pétris de peur, d’incrédulité, de certitudes.
Les femmes craintives assurent et se rassurent. Marie-Madeleine parle : elle obéit à « Rabbouni » !
« J’ai vu le Seigneur et voilà ce qu’il m’a dit !«
Une fois encore, la Parole jaillit de l’instant de déchirure. Elle passe par la faille qui fait naître la foi. Elle donne consistance à la joie et chair au salut. Au plus profond de la nuit, au plus noir de la vie, un nom murmuré retentit et déchire la déchirure : » Marie ! »
Touchée par la voix de Celui qui seul la connaît en ce lieu de création, en ce lieu de perdition, Marie s’écrie « Rabbouni ! », cri de reconnaissance, cri de renaissance, cri de conversion ! Alors ce lieu devient lieu de rédemption, tant personnel qu’ecclésial. Elle ne peut le garder en secret, pour elle, dans son intimité d’amour. Elle est immédiatement envoyée.
Cri qui déchire la nuit et amène au jour l’humanité toute entière !
Cri qui sort le Vivant du silence de la mort et attire à la lumière de la vie nouvelle l’humanité toute entière.
Cri qui annonce un commencement du déjà et pas encore de la foi pour l’humanité en chemin d’espérance.
Cri de fulgurante reconnaissance, qui change tout : « J’ai vu le Seigneur et voilà ce qu’il m’a dit ! »
Oui, fulgurance d’un amour éternel, fulgurance d’une mission qui dure encore, fulgurance d’une espérance tenace car divine ! Voilà celle qui devient plus qu’un Apôtre, mais bien l’Apôtre des Apôtres lancée sur les routes de l’humanité perdue, avec mission de dire les mots simples de la Vie : « je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.«
Des pleurs dans la nuit, un nom, un cri,
une mission : va dire à mes frères !
A nous d’entendre et de parler !
