Portrait de femme !
Quittons la foule pour un détour, aujourd’hui. Nous célébrons Sainte Bathilde, patronne de notre Congrégation.
Belle occasion pour nous mettre à l’écoute de cette femme, de toutes les femmes de cette trempe.
Si vous lisez ce billet, vous connaissez au moins son nom… alors bonne fête! Belle occasion de vous assurer de notre communion dans la prière et le labeur quotidien, dans la traversée de notre vie, d’une rive à l’autre, dans le souffle de l’Esprit, scrutant l’horizon du festin promis, table dressée par le Fils, pour tous. Le grain est semé pour tous, moissonné en épis pour tous, broyés pour faire un pain.
Pains distribués par Sainte Bathilde, pains en ces temps durs de famine, de misère. Quels pains partageons-nous ?
Allons plus loin, jusqu’à la lecture proposée par la liturgie : Pr 30, 10 – 31… Bonne lecture. Nous nous retrouvons… pour la suite du billet…
Ces derniers versets du livre des Proverbes brossent un vrai portrait de femme, femme de caractère, ou encore « femme de valeur », comme écrit la TOB, avec une idée de force ou de fortune. Les notes renvoient à Ruth et à la Genèse, où il est dit que la femme est une aide accordée avec l’homme pour et dans une totale confiance qui donne un entier repos. Ainsi, sommes-nous interpelés par ce portrait de femme. Où nous conduit-il ? A quel bond de vérité ?
Ici, en chemin, avec les femmes, mots d’encouragements… avec les hommes, mots d’émerveillements !
Comment sommes-nous des femmes de cette trempe, pour employer le vocabulaire de saint Benoît ?
Femmes laborieuses qui ne craignons pas la peine, femmes allant jusqu’au bout de nos responsabilités et procurant ainsi le repos à ceux qui nous entourent… femmes habiles et discrètes, femmes silencieuses et intelligentes pour discerner et disposer de tout avec sagesse.
Oui, il faut bien du caractère, pour tenir, aujourd’hui, notre place de femmes, de sœurs, de consacrées, d’épouses, de compagnes, de célibataires, de femmes abandonnées, maltraitées, ou battues.
Il faut bien du tempérament pour oser la vérité, oser le combat spirituel, oser le dialogue, oser donner vie et oser la soutenir…
Il faut du caractère pour être et nous livrer sincèrement, passionnément, radicalement et sans retour… bond de tempérament fort en sa fragilité aimée.
Il faut cette force de l’Esprit qui sème à tout vent les grains d’amour et de patience, de bonté et de pardon. Il faut cette constance pour porter la vie coûte que coûte, vaillamment, parce que notre corps est Temple de Dieu.
Et où puiser cette force sinon dans la Parole faite chair, dans le Fils venu assumer notre faiblesse ? Là, un seul chemin s’ouvre à nous, le Christ doux et humble de cœur.
Bond de bord de lac,
bond de force de caractère
bond intérieur pour donner espace
au grain semé, prêt à porter fruit !
