Pour vous ?
Arrivée du Pape Léon XIV en France ! Comment ne pas saisir la Parole du Jour et la recevoir comme semence de vie pour que le « Monde aie la vie » ? Laissons-nous habiter par la Parole pour recevoir largement le grain de la Bonne Nouvelle jetée en terre française pour une moisson nouvelle. Comment espérer contre toute espérance, avec une foi purifiée, renouvelée, sereine parce que pascale ?
Arrêtons-nous pour écouter :
Un jour, Jésus priait à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Pour la foule, qui suis-je ? »
De la prière de Jésus, après la multiplication des pains et la guérison de nombreux malades, au milieu de la foule, naît une question. C’est lui, pour une fois qui interroge. Une des rares questions que Jésus pose et qui le concerne : Pour la foule, cette foule qui le poursuit, qui l’écoute, qui a été rassasiée, qui est-il ? A-t-il entendu parlé d’Hérode qui désire le voir ? Pourquoi ces foules qui se pressent, éveillent-elles en Jésus cette question ? Ou peut-être pour qui ?
Jésus propulse ses disciples bien au-delà de la question de son identité. La réponse semble ne servir que de rebond. Il les conduit au lieu du cœur de sa mission, au lieu du dialogue avec le Père, au seuil du Mystère.
Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prit la parole et répondit : « Le Messie de Dieu. » Et Jésus leur défendit vivement de le révéler à personne, en expliquant : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Le rebond oblige les disciples à entendre l’interrogation pour eux, et donc à s’engager, à se positionner librement, fondamentalement devant cet homme qui est entré un jour dans leur existence.
Pierre intercepte la balle et marque le point : « tu es le Messie de Dieu » ! Réponse qui impose le silence aux autres. Alors, Jésus s’engouffre dans la fente et y précipite tous ses disciples, « il leur défendit vivement« , et il explique l’inexplicable, la Croix et la Résurrection. Il anticipe avec une rare liberté.
Nous sommes là au moment même de l’irruption du Mystère au cœur de l’humanité, moment unique de l’histoire, moment de rupture complète, moment d’annonce de l’inouï : la mort n’aura plus le dernier mot… N’est-ce pas ce qui saint Jean a gardé comme parole de feu ? « Pour que le monde aie la Vie. »
Nous sommes encore convoqués, ce jour, ces jours, à entendre l’interrogation de Jésus, et à nous engouffrer dans le Mystère opaque de la Vie, non par crainte ou en voleurs, mais en hommes et femmes bouleversés, touchés, assoiffés et vraiment libres. Convoqués en peuple de croyants, convoqués en amis de Jésus, en amis de la VIe, en amis !
Emboitons le pas,
Une foule de témoins nous fait signe, en foule faisons signe :
Pour que le monde aie la Vie.
