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Quelle division ?

Jésus garde ses disciples en cours du soir, pour leur donner tout ce qu’il faut afin de faire d’eux des témoins passés au feu. Ainsi, il multiplie les images, l’enseignement, les paroles en aparté.
« Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! »


Jésus brûle du désir d’un feu, d’un feu allumé sur la terre. Quelle étrange déclaration ! Jésus brûle de ce désir et s’en ouvre avec une certaine violence à ses disciples… «  comme il m’en coûte d’attendre … » Il ne cache rien de son for interne. Un feu le dévore.

De quel feu parle-t-il ? De quel baptême pour lui ?
Un feu qu’il apporte et qui n’est pas encore allumé ? Un baptême qu’il doit recevoir et qui n’est pas accompli ?
Lui qui brûle d’amour et de compassion, lui qui a été plongé dans les eaux du Jourdain et qui en est remonté transfiguré : «  Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le  ! », Lui brûle d’un désir non accompli… Oui, il brûle.

Désir de l’embrasement d’amour de la terre, embrasement par le feu de l’Esprit qui l’anime et qu’il donnera en rendant au Père son souffle sur la Croix. Désir qu’il partage avec le Père, son Père qui l’a envoyé jeter ce feu sur terre.
 Feu de l’Esprit d’amour qui réchauffe,
 Feu de l’Esprit de Dieu qui embrase,
 Feu de l’Esprit de Vie qui illumine,
 Feu de l’Esprit qui traverse la mort,
 Feu de l’Esprit Saint qui ressuscite.

Jésus brûle du désir du salut pour tous les hommes, il est venu de Dieu, il retourne au Père et avance vers la Croix, passage de la mort à la vie, Signe levé entre le ciel et la terre, Feu incandescent de la joie éternelle, baptême à recevoir, dans la nudité totale, dans le face à face miséricordieux, dans ce cri accompli : « En tes mains, je remets mon esprit ! » Feu sur la terre, miroir du cœur brûlant d’amour.

Ce feu a été allumé par sa Mort en Croix et il brûle du tombeau vidé. Il brûle d’amour incandescent, de nuit comme de jour. La puissance de la Résurrection est ce feu allumé, une fois pour toutes, à jamais. La puissance de la Résurrection se cache dans les braises enfouies prêtes à enflammer la vie offerte. Alors pourquoi notre humanité s’en protège-t-elle ? Pourquoi l’étouffer, l’ignorer, croire l’éteindre ?

Le feu sous la cendre se consomme sans se consumer. La braise n’attend que notre bois sec offert pour embraser le monde et nous rendre heureux de la joie de Dieu.

pour écouter le billet https://www.benedictines-ste-bathilde.fr/wp-content/uploads/2026/10/quelle-division.mp3