Sans gêne ?
Une nouvelle histoire sinueuse qui laisse bien des zones d’ombre. L’amitié ne se lève pas mais le sans gêne oui. Et Jésus passe de l’ami au père à qui le fils fait une requête, poisson, œuf, pour conclure par un « vous qui êtes mauvais. » bien amère.
Alors qu’entendre ?
« Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »
Jésus a livré le secret du cœur de Dieu, en donnant le nom de Père à celui qu’il révèle. Il donne accès à Celui que tout homme cherche. Il donne les mots du cœur à cœur, du cœur du Fils qu’il est au cœur du Père qui l’envoie. Ces mots de la prière comment nous rejoignent-ils ?
Dans le prolongement des mots de sa prière, Jésus développe son enseignement sur l’attitude de foi qui cherche, qui frappe, qui demande. L’illustration est à remettre dans le cadre d’une maison de Nazareth, il y a 2000 ans, une petite pièce unique où tout le monde dort serré les uns contre les autres, jusqu’à la porte. Alors si un se lève, tous sont debout ; si du dehors, un frappe, tous se lèvent. C’est là le sans-gêne que les disciples de Jésus connaissent d’expérience.
Peut-être nous faut-il entendre autrement la cascade descendre ? Si le sans-gêne ouvre la porte, combien plus l’amitié qui est bien au-delà et la paternité qui est la source…
Du pas de porte forcé par le sans-gêne à l’accès au cœur du Père céleste, il n’y a qu’un pas, celui d’oser chercher, d’oser demander, d’oser frapper ; ce pas de l’inachevé, ce pas du manque, ce pas du besoin, ce pas de l’attente, n’est autre que la marque de notre origine : créature de Dieu, appelé à devenir fils dans le Fils. Quel pas et dans quelle direction aujourd’hui ? En fils, en ami, en sans gêne ?
Apprendre à prier se conjugue alors avec trois attitudes de vie, trois dynamiques d’enfant : chercher, demander, frapper, trois capacités originelles de l’être bon, créé à l’image de Dieu. Elles nous sont redonnées, par l’Esprit si nous le demandons en confiance, inlassablement en passant par Marie, en ce mois du Rosaire. Comment nous apprend-elle à chercher ?
Cherchons, demandons, frappons…
C’est le Père qui nous cherche,
C’est bien chacun de nous qu’Il attend !
