Se purifier ou le dénoncer ?
Samedi avant les Rameaux pour nous. Or saint Jean situe dans son évangile l’ultime fête de la Pâque pour Jésus à un moment clé. Elle approche, la tension monte tandis que le peuple monte lui à Jérusalem pour se purifier. La situation est devenue explosive. La décision d’arrêter Jésus pour le tuer est prise par les autorités religieuses. Quiconque sait quelque chose doit le dénoncer. Comment concilier ces deux actes ? Se purifier et le dénoncer ?
» Beaucoup montèrent à Jérusalem pour se purifier.«
» quiconque le verrait devait le dénoncer pour qu’il soit arrêté . »
Se purifier et le dénoncer : le paradoxe fait violence. La Pâque approche et la peur qu’elle ne se déroule pas « comme d’habitude » grandit. Les chefs des prêtres et les pharisiens ont réellement peur. Quel peur les anime ?
A regarder de près, premier étonnement : ils ont peur de perdre leurs privilèges. Qu’entendons-nous ?
Jésus poursuit son chemin, miracles faisant… mais il se retire en sécurité, à distance. Il poursuit sa mission. Il pose question, il dérange, il désinstalle et trace une voie nouvelle : l’amour inconditionnel. Plus de peur alors, il est là ! Et pourtant… tant de peurs partout !
Le dessein d’amour de Dieu déchire l’horizon étroit des hommes au pouvoir. Dieu aime tous les hommes et désire, d’un amour fou et gratuit tous les sauver. Il vient nous chercher là où nous sommes…
La Pâque s’annonce autre, Unique, Éternelle, car ces cœurs divisés, Dieu, Trinité d’amour n’a qu’un désir, les purifier et les unifier, les remettre en marche pour qu’ils aiment. Un seul désir en Dieu et pour nous ?
Aujourd’hui, la tension ne demeure-t-elle pas au cœur de notre vie ? Le Christ avance sur une ligne de crête bien vertigineuse : celle de l’amour oblatif qui ne recherche qu’à accomplir l’œuvre du Père : le salut de l’humanité. Comment croire que le Fils veut ramener tous les hommes au Père ? Comment vivre en chercheurs cherchés, devancés par l’amour fou de Dieu ?
Cette ligne passe au cœur de notre propre existence, qui n’est ni pour nous purifier, ni pour Le dénoncer, mais pour Le suivre, Lui Jésus, en aimant jusqu’au bout, comme Lui l’a fait en sa Passion-Résurrection et ainsi en marchant en nous soutenant les uns les autres pour retourner au Père, en nous accueillant différents, sans peur, sans tenir à un pouvoir quelconque ! Notre vie doit changer ici et maintenant. Que devons-nous faire ?
Ecoute, viens et vois : Je suis le chemin, la Vérité, la Vie !
En route, n’ayez pas peur !
