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Six jours plus tard !

Six jours plus tard, nous sommes à nouveau en ce dimanche d’août encore dans la tempête, avec les mêmes dans la barque ! Elle tangue de plus en plus, le vent se déchaîne, vous vous souvenez, soudain, un cri.

Un cri déchire la tempête, le cri qui jaillit de la peur la plus ancestrale, celle de mourir : « Seigneur, sauve-moi ! »
Cri de l’homme perdu, cri de l’homme nu, cri de l’homme réel, cri de l’homme enfin vrai : sans Dieu, c’est la mort. Ce cri nous a déjà visité. La lecture quotidienne de l’évangile a déjà ouvert son secret… qu’en avons-nous fait ?

Au seuil de l’ultime, au seuil de l’abîme, au seuil de la déprime… un cri, celui qui déchire les entrailles du Fils, « venu sauvé tous les hommes afin qu’aucun ne soit perdu« . Jésus étend la main et saisit celle de Pierre, symbole de la main de l’humanité en perdition… main qui s’est crispé sur le fruit défendu, la volonté de contrôler, maîtriser, dominer la vie. Jésus étend la main au cri de l’homme s’enfonçant dans les flots agités du doute, de la peur, de la réalité de sa finitude.

Entre le cri et la main qui saisit, la foi a-t-elle jailli ? La foi a-t-elle émergé des flots impétueux de nos pensées d’autonomie, d’individualisme, d’auto-centrement ? La foi a-t-elle trouvé petit espace de bonne terre ? Foi arrosée par une parole de vie : « homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?« 

Comment avons-nous entendu cette parole de vie depuis six jours ?

Pierre n’a eu de cesse de comprendre cet Homme Jésus, jusqu’à le suivre dans le jardin de l’arrestation, dans la cour où le doute a repris, le doute a dominé, le reniement a jailli… et pour nous du doute, à la foi, de la foi au doute, du doute au reniement, du reniement aux larmes, des larmes à la foi renouvelée ? Quelle rencontre en notre barque fragile ?

Comment nous a-t-elle rendu plus sûrs pour marcher sur les eaux de la vie ? Comment nous sommes-nous laissés saisir par le Fils ?

Non qu’il faille rendre des comptes, mais pour aller plus loin, avec les disciples, sommes-nous aujourd’hui témoins du Christ vivant qui étend la main pour nous sauver ?

Quand la mer se tait, quand le vent se calme, quand la peur est saisie de foi, alors le cri devient acclamation : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » Acclamation et donc révélation, acte de foi, acte qui bouleverse la vie…

Alors, la Parole invite à vivre à l’école de l’amour gratuit, total, jusqu’au bout.

Aujourd’hui tant des chrétiens sont martyrisés, meurent pour le Christ, parce qu’ils tiennent bon dans la barque de la foi malgré la tempête qui s’abat sur eux. Nous sommes leurs frères, crions avec eux et pour eux.

Nous sommes peut-être en train de couler… entendons ceux qui croient et crient. Comment nous laisser saisir ?
L’Amour a vaincu la haine, une fois pour toutes, sur la Croix en Jésus, le Fils de Dieu : la vie des martyrs nous le crie, puisse notre vie construire la paix !

pour écouter le billet https://www.benedictines-ste-bathilde.fr/wp-content/uploads/2026/08/six-jours-plus-tard.mp3