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Toi !

Jésus passe et rencontre des hommes. Vraie rencontre qui met en relation, en dialogue où chacun écoute, parle, répond et agit. Comment rencontrons-nous Jésus ?

L’un veut le suivre. Jésus a des paroles dures qui semblent le renvoyer. De son côté, en appelle deux qui demandent du temps pour répondre. Ainsi rien ne semble aller dans le bon sens. Alors ce « Toi, suis-moi ! » que signifie-t-il ? Quelle portée ? Ces refus nous rejoignent-ils ? Personne ne semble disponible, ce matin ! Pour quelles raisons ?

En tout premier lieu, l’étonnante réponse de Jésus : elle n’est pas un refus, mais une sagesse, une prudence, une humilité. La radicalité de la parole de l’homme « je te suivrai partout où tu iras » ne peut rester sans réserve et Jésus le sait. Le suivre dans un enthousiasme premier est heureux, seulement insuffisant. L’horizon réaliste qu’il décrit n’est pas pour décourager mais justement donner chair au désir.

Jésus sait que ce « partout où tu iras » n’est pas possible à l’homme seul. Sa vie ne nous est pas accessible, Pierre et les disciples en feront les frais. Il est Fils et nous fils par adoption. Il est le Chemin, la vérité et la Vie, Grain tombé en terre appelé à mourir pour que le « monde ait la vie. » Cet homme doit l’apprendre en chemin.
Finirons-nous par consentir à ce long cheminement pour répondre à notre mesure pleinement, radicalement, humblement ? La joie est à la porte de ce consentement qui n’enlève pas l’enthousiasme premier, mais lui donne corps.

Finalement, arrêtons-nous à ce consentement ! Celui de ne pas être maître de tout, de ne pas tout choisir, tout décider. Dans les petites choses quotidiennes, du service rendu à l’engagement pris. Expérience de ces jours de visite apostolique du Pape où chaque mini consentement d’appel a bâti une immense fresque de foi, d’amour et d’espérance faisant de chacun un missionnaire de l’espérance.

Oui, arrêtons-nous longuement à ce don reçu : la vie.  Elle nous vient de Dieu et elle est de Dieu, elle est participation à la vie de Dieu, elle est reçue comme mystère à vivre, au jour le jour, jusqu’au Jour qui ne nous appartient pas. Nous n’avons pas choisi de naître, nous sommes tous égaux en dignité, accueillant la vie, nus, pour la remettre un jour… par ce passage par la mort, nue. Mystère inouï à accueillir les mains vides, le cœur ouvert, les yeux émerveillés, tournés ensemble vers l’éternité.

Comment aujourd’hui donner réponse à l’Inouï ? Dieu me parle, Dieu m’appelle parce qu’il me donne d’être, d’être fils par son Fils, le mystère n’en demeure pas moindre. Il fait vivre et être heureux jusque dans la nuit des larmes.

Pas d’autre chemin que celui de l’humble consentement, accueil de la réalité existentielle, en humanité appelée à la Vie

pour écouter le billet https://www.benedictines-ste-bathilde.fr/wp-content/uploads/2026/09/toi.mp3