Un autre … coup de vent
La liturgie de ce premier samedi d’août dérange franchement et fait froid dans le dos, un sacré coup de vent froid, oui.
La décapitation de Jean le Baptiste était plutôt lue comme une page d’histoire, d’histoire barbare, plus mythologique que bien réelle. Or ce récit nous prend aujourd’hui de face avec notre actualité, sa violence et son absurdité meurtrière, si banalisée. Qu’entendre, que recevoir ? Nous savons que de nos jours des hommes, des femmes et des enfants meurent décapités de façon aussi folle, alors que faire ?
Jésus fait peur aux grands, à ceux qui se sont attribués du pouvoir, et croient être les Maîtres.
« Cet homme, c’est bien Jean le Baptiste, il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles. »
Tel est le cri d’Hérode, un jour d’angoisse à l’annonce des miracles que fait Jésus. Cet homme ! Il s’agit de Jésus qui poursuit sa route en proclamant le Royaume de Dieu. Hérode se sent menacé. Il s’enfonce dans la violence qu’engendre sa peur non éclairée. Il s’enferme alors et perd sa liberté… devant les convives, devant sa femme, devant tous…
Cet homme ! Hérode l’identifie à Jean le Baptiste. Identification qui doit nous surprendre : il est ressuscité d’entre les morts.
C’est ainsi qu’il s’explique les miracles que Jésus opère, en signe de la venue du Royaume. Jésus fait resurgir par ses paroles et ses gestes, la vie de Jean, sa mort. « Tout ce qui est caché viendra à la lumière !«
Déplacement du récit de Jésus à Jean et de Jean à Jésus. Déplacements qui ne doivent pas nous faire oublier le drame : la vie d’un innocent pour se protéger, se croire fort, s’imposer alors que l’on n’est rien.
Déplacement vers la source des miracles en passant par la mort de Jean : La source des miracles ? La résurrection des morts ! La puissance de vie qui est Dieu et que Dieu désire partager aux hommes en son Fils.
Rien à faire, cette puissance ne se vole pas, ne se dompte pas, personne ne peut se l’approprier, elle est don gratuit de Dieu : « n’ayez plus peur ! »
Arrêtons-nous aux miracles, à la vie de Jean et à sa mort absolument ignominieuse. Comment marcher pas à pas jusqu’à la source : le don de la vie pour toujours ? Nous ne pouvons pas faire l’économie de cette marche lente et escarpée, marche en haute altitude car il s’agit de descendre d’abord aux origines de notre vie. Là, la violence, le chaos font rage qui que nous soyons. Mais nous ne sommes pas seuls. Jésus est là, vivant.
Jésus accompagne cette lente marche de l’homme vers son humanisation, aujourd’hui. Il frappe à la porte de notre vie. Comment l’accueillir ? Les mains vides et le cœur assoiffé ? Comment le donnons-nous à voir, à entendre ?
Là qu’entendons-nous, désarmés ?
« Il est ressuscité d’entre les morts !«
Désarmant !
