Une autre !
Jésus est lancé… rien ne semble pouvoir l’arrêter. Urgence de semer la Bonne Nouvelle, le temps de la moisson est proche. Mais il sait la dureté des cœurs, et ne veut en perdre aucun. Les paraboles se suivent, à vive allure.
Une autre ou deux plutôt pour ses auditeurs assoiffés : La graine de moutarde, puis le levain dans la pâte. Pas grand point commun, apparemment. « Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ… » « Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu’une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. »
On ne peut pas accuser Jésus de gigantisme ou de triomphalisme, de folie des grandeurs ou de toute puissance ! A quoi compare-t-il le royaume des cieux ? A une graine de moutarde, à du levain jeté dans la pâte…
Deux réalités bien petites, si petites qu’elles se perdent, qu’elles s’enfouissent dans le monde et disparaissent. Deux réalités qui se font oublier et travaillent en silence, dans le secret de la matière bien vivante.
Gardons la parabole dulevain jeté dans trois grandes mesures de farine pour ce lundi. Levain enfoui par une femme. Une femme qui connaît son travail, et ne ménage pas sa peine… elle travaille la pâte et veille sur la levée. Femme qui veille sur la vie.
Rien d’extraordinaire, simple travail de femmes…
Oui, Jésus ne parle que de la vie quotidienne, telle qu’il la voit, et là il reconnaît le lieu de croissance du royaume, le lieu de la présence de Dieu, le lieu de la vie qui circule. Là, il décrypte les réalités du royaume et les donne à voir, à reconnaître, à saisir pleinement. Il inscrit donc la vie dans le royaume et le royaume dans la vie. La vie ordinaire est royaume. Le Royaume est cette vie ordinaire soulevé par l’amour.
Dans notre monde d’aujourd’hui, les pâtes sont à portée de main, si souvent achetées toutes faites, pré-roulées, pré-cuites, toutes préparées, alors comment entendre et retrouver la saveur de cette réalité quotidienne : être levain dans la pâte ?
Levain, sel… c’est tout un, c’est donner du goût à la vie, c’est faire advenir la vie, grâce à ce levain enfoui, mélangé qui rend fécond. Qui est levain ? Le Christ et tous ceux qui sont au Christ…
Lui qui appelle à se trouver en se donnant car alors on devient au cœur du monde, présence de Dieu, goût de Dieu, amour par participation à l’œuvre du Levain.
Les trois grandes mesures de farine ne peuvent faire peur. L’amour soulève le monde à hauteur du cœur de Dieu. À nous de mettre la main à la pâte, à la pâte du quotidien dans une nouveauté radicale, celle de l’aujourd’hui des mesures à notre portée.
Ce petit peu de levain, c’est nous,
Les mesures de farine, c’est le monde,
la parabole reste ouverte sur la part de la femme…
Mettons donc la main à la pâte en ce jour,
Dieu cherche et appelle des cuisinières pour son Royaume !
