Une fois ne suffit pas !
Ce troisième dimanche de Pâques, nous revoilà sur le chemin d’Emmaüs, pour refaire la route d’abord parce que nous n’avons pas tout compris, et ensuite parce qu’en Eglise, peu ont fait la route, le troisième jour de l’Octave pascale.
Long évangile véritable chemin catéchuménal, qui nous avait laissé sur une question : Où en sommes-nous, ce matin de notre regard sur le Vivant ? Quelle parole, quel geste ont fait tilt pour nous Le faire rencontrer Vivant, pour nous relever, nous remettre en route ? Là où nous sommes ce dimanche, n’ayons plus peur ! Lui vient nous rejoindre en Fils premier né d’entre les morts, en Frère du même Père. Ne craignons plus de perdre notre chemin pour trouver Le Chemin !
Ne craignons plus de nous laisser guider par la douceur de la brise du matin, même si nos yeux ne le voient pas.
Ne craignons plus la longueur du chemin, le goût amer de la déception, de la lenteur de notre cœur à croire, de la profondeur du mystère à traverser ! Une seule parole sauve, bouleverse, déchire le voile… « Dis seulement une parole et je serai guéri ! »
Depuis ce mardi de Pâques, nos yeux se sont-ils ouverts ? Repartons de la Rencontre de Jésus avec les disciples, ils sont attentifs et désireux de comprendre, d’avancer, de sortir de cette tristesse sans nom, presque sans mot, surtout sans avenir. Alors, ils racontent et ils écoutent… Ils racontent les événements tels qu’ils les ont vécus et compris, et ils écoutent un homme qui leur parle différemment, en commençant par les secouer : « Cœurs sans intelligence, lents à croire… « . Une première grâce en chemin, celle d’écouter !
Leurs yeux s’ouvrent parce qu’ils ont écouté des paroles qu’ils ont accueillies et qui ont fait leur chemin. Ils ont été saisis, enveloppés, des paroles certes inattendues, mais qui sentaient l’amour, la vérité, l’espérance… Une deuxième grâce en chemin, celle d’accueillir !
Et ces paroles ont changé leur projet et son projet à Lui, peut-être.., « Reste avec nous ! » ; des paroles qui ont pris sens plus tard, à la fraction du pain, à ce moment, leurs yeux se sont ouverts, et ils sont restés seuls, brûlés, transformés, repartant rejoindre le groupe délaissé, la joie brûlant toute tristesse. Une troisième grâce, celle d’inviter, de se déplacer. Grâce d’hospitalité.
COMMENT vivons-nous nos rencontres avec le Christ, en chemin ? L’Eucharistie n’est pas le seul lieu de la rencontre, même si c’est le Lieu par excellence, ne faisons-nous pas eucharistie quand nous rompons le pain de la vie, que nos paroles viennent de Dieu et sèment sa vie ? Quand nos petits restes sont-ils devenus Pain à partager ?
Demandons que nos yeux s’ouvrent
que sa présence soit jaillissement de vie nouvelle,
Eucharistie pour un monde de paix !
