Voir ? Crier !
Les foules parlent, s’agitent et font rumeurs. De proche en proche, tous parlent de Jésus et de ce qu’il fait. Quoi d’étonnant que le prince de Galilée en soit informé ? Si, étonnons-nous de la réelle puissance de ces grains jetés en terre…
Hérode, prince de Galilée, apprit tout ce qui se passait, et il ne savait que penser, parce que certains disaient que Jean le Baptiste était ressuscité d’entre les morts.
D’autres disaient : « C’est le prophète Élie qui est apparu. » D’autres encore : « C’est un prophète d’autrefois qui est ressuscité. »
Quant à Hérode, il disait : « Jean, je l’ai fait décapiter ; mais qui est cet homme dont j’entends tellement parler ? » Et il cherchait à le voir.
ces quelques versets donnés, de la lecture suivie de l’Evangile de Luc inscrivent bien la vie de Jésus dans une terre précise, à un moment précis de l’histoire, avec des hommes et des évènements précis. L’Incarnation du Fils de Dieu fait brèche. Elle est Histoire. Elle est Révélation qui bouleverse par l’Inouï, enveloppé des pires capacités de l’humanité.
Comment ne pas être frappé par ce mot qui surgit « décapité » ? La violence bouleverse notre vie, questionne notre foi, fait table rase de tant de certitudes, d’acquis, de repères. Dieu s’incarne en notre chair violentée et violente. Capable du pire comme du meilleur, annoncé, dénoncé, par les prophètes.
Quelles réponses aux cris du monde ? Jésus n’en impose pas une, il se laisse voir, entendre, approcher, toucher. Il se donne jusqu’à la mort par amour pour nous sauver. Il montre le visage de l’espérance qui descend jusqu’au plus bas, au plus noir pour tout remonter à la lumière de la résurrection, au prix de son sang.
Pourquoi Hérode veut-il voir Jésus ? Pourquoi désirons-nous savoir ? Qu’est-ce qui nous met en route ? Les cris du monde, la peur qui gît en nous, l’amour qui nous appelle, le désir inassouvi d’être heureux, un regard qui éveille ?
Et notre réponse aujourd’hui ?
Le balbutiement de Pâques, dans la lumière du Vivant qui sort victorieux de la mort.
Le choix de la paix, dans la quête inlassable de sa Présence effective.
Le désir de le trouver, de le voir, de le donner, dans le creux la nuit de l’humanité perdue mais ramenée à la lumière de la vie ?
La violence et la haine font oeuvre de destruction, et nous arrachent un cri : « Sauve-nous, Seigneur, nous sommes perdus !«
La Croix domine, signe d’espérance,
au milieu des larmes, sacrement de paix,
Pour que le monde aie la vie !
