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Homélie du jour de Pâques 2022

Homélie de Mgr Jacques Turck au monastère Sainte-Bathilde de Vanves le 17 avril 2022

Christ Jésus est ressuscité … Frères et sœurs chrétiens , quel bonheur d’être de ceux qui croient en la résurrection ! Quelle fierté illumine nos visages en ce matin de Pâques. Avec quel bonheur nous avons traversé le Carême comme des personnes assoiffées qui aperçoivent enfin l’oasis.

Jésus est ressuscité ! Le Seigneur est vivant !

Frères et sœurs chrétiens quel bonheur d’être de ceux et celles qui croient en la résurrection ! Quelle fierté illumine nos visages en ce matin de Pâques ! Avec quelle impatience nous avons veillé cette nuit pour mettre fin à cette traversée du désert que fut notre Carême alors que déjà assoiffés de vie nous apercevions déjà l’oasis ! 

Voici qu’éclate notre joie de croire : Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !

Nous avons pris le feu qui a éclairé notre nuit et nous avons devancé l’aurore … Invités à nous séparer de Marie Madeleine et du premier mouvement de Pierre et de Jean qui dans leur course folle ont couru vers le tombeau pour le chercher parmi les morts… dans un tombeau demeuré vide !

Ah quelle chance nous est donnée d’être arrivés dans l’histoire des hommes 2000 après l’événement qui bouleverse l’histoire de l’humanité . La nouvelle a fait son chemin et traversée les siècles.

La voici qui devient le chant de nos jours de fête : Christ est ressuscité … Alléluia !

Etonnante nouvelle qui a bouleversé la vie de milliers et de milliers d’êtres humains … Eglise Sainte qui tient en son cœur le bien le plus précieux , le plus fragile… comme cette fiole de parfum que Marie serrait sur sa poitrine.

Voici le plus grand des événements de l’histoire : Jésus, le Fils de Marie de Nazareth a vaincu la mort !

Je ne me lasserai jamais, année après année d’être à mon tour touché par le plus grand défi que cette Bonne nouvelle provoque dans l’intelligence humaine !.. Mais qui rejoint tellement l’espérance du plus petit d’entre nous !

Gagné par la rumeur de cette victoire dont personne n’a vu l’heure , nous sommes venus ce matin … Personne ne sait comment le drame de cette semaine , l’abandon des siens, la souffrance sur le chemin, le sang versé comment tout cela s’est transformé en lumière de joie. C’est en dormant que nous avons reçu la grâce de la résurrection. Personne ne sait comment l’événement lui est arrivé, au point qu’un jour en pleine liberté nous avons décidé que désormais il éclairerait tous nos gestes au point d’engager toute notre existence, comme la vôtre sœurs bénédictines et vous frères et sœurs chrétiens.

Quel bonheur de s’être laissé gagner par le Christ comme on se laisse inonder par le soleil ! Comme on se laisse aimer par une épouse ou par un père.

Qui peut décrire autrement que par des images ce chant : Il est ressuscité .

Seule une goutte de rosée dans un rayon de soleil en dit la vérité… Seule la caresse légère de la brise du soir sur la joue d’un vieillard en dit la tendresse. Seul le linceul roulé au coin du tombeau contredit le désespoir des femmes accourues ce matin-là … leur intimant de ne pas chercher parmi les mort celui qu’elles avaient aimé de son vivant sur la terre. Car il et vivant , mais autrement. Il a gagné la Maison du Père comme il l’avait annoncé dans sa première parole au Temple de Jérusalem. Ne saviez-vous pas que je me dois aux affaires de mon Père.

C’était déjà l’annonce du mystère, l’annonce de la victoire. Il la racontera de nouveau quand il mêlera l’infinie tendresse du frère aîné de la parabole qui accueille le frère, la multitude de frères et sœurs, brebis perdues qui avaient dilapidés l’héritage offert.

Il fit entendre son ultime prière … Père accueille-les, car je suis ton fils et ils sont mes frères et sœurs.

Telle fut la longue méditation, la lente prise de conscience des premiers chrétiens. Ils ont traduit en image dans cette icône magnifique de la résurrection Jésus qui rejoint Adam et Eve encore ensommeillés, et d’une main, et de l’autre, les extirpe de toute tristesse, de toute désespérance. Histoire du salut parvenue en son point le plus lumineux et qui rejoignait tellement ce qu’ils attendaient, ce que nous attendons au plus profond de nous-même !

Et soudain ce n’est plus le seul nom de Marie qu’il prononce … mais celui de Pierre, de Madeleine… ton prénom. Celui que tu aimes… celui par lequel tes parents ont dit à Dieu qu’il fallait t’appeler… Ton nom a jailli comme une source de la fontaine de ton baptême … et tu portes désormais le beau nom de chrétien. Le plus grand des titres – qui ne sera jamais égalé par aucun autre .  Il te rappelle que « Toi tu es du Christ ! « 

Tu as revêtu le Christ – non comme on revêt un vêtement. Mais comme un nouveau-né reçoit en sa chair la vie … la plus tenance de toutes les richesses – plénitude de tout honneur, de tout bonheur. Que désirons-nous donc de plus grand que la vie… et une vie qui ne s’achèvera jamais. Une vie qui te transporte dans l’éternité de Dieu !

Qui croit en moi se laisse toucher quand je prononce son nom … comme Moïse , comme Samuel… comme Marie Madeleine… Celui-là ressuscite déjà à jamais !

Seuls les Evangiles marquent le lien entre leur courage au pied de la Croix et leur présence les premières au jardin du tombeau, alors que le corps a disparu. Pauvres femmes que les Apôtres ne vont pas croire !

Ils avaient mille raisons de les trouver folle ! comme chacune d’entre vous ici mes sœurs ! Elles étaient tellement attachées à Jésus.

Alors les événements se précipitent… ils iront eux… Pierre et Jean pour vérifier leurs dires, en courant à perdre souffle. L’un représente le ministère toujours prudent et craintif, l’autre l’amour sans retenu… l’un passé par l’épreuve du reniment, l’autre revêtu de fidélité jusqu’au fond de ses entrailles… Celui-là seul vit et crut !

Telle fut l’origine de notre histoire

Peut-être aurions-nous aimé plus de faste… nous aurions alors cru avec panache. Mais nous sommes nés de la patience et de la délicatesse de Dieu

Son humilité, une fois encore mise en lumière nous redit : je compte sur toi. Tu as compris qu’il s’agit d’aimer au-delà de ta finitude et de tes limites…  

Alors, comme nous l’avons chanté,
-la lampe ne restera pas sous le boisseau,
-la source ne restera pas captive du rocher,
-la perle ne restera pas enfouis dans le champ,

Tu répondras à l’espérance de Dieu… Il la remet aujourd’hui entre tes mains.

Allez dire à vos frères et sœurs, qu’il vous donne rendez-vous sur les chemins de votre histoire. Là vous verrez l’Esprit Saint au carrefour des peuples chrétiens et non chrétiens. Je m’en remets à vous pour que mon histoire, ma présence ne se perde pas dans les sables.

Telle est l’espérance de Dieu. Elle nous bouleverse autant qu’elle nous rend fiers.

Quelle fierté en effet de porter ce nom glorieux de chrétien !

Quelle que soit notre fonction au milieu des hommes, nous n’aurons jamais de titre plus prestigieux que celui-là : chrétiens, disciples de Jésus Christ.

Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie , alléluia !

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