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année jubilaire

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Souvenirs liés à la mise en place de l’orgue du Prieuré Ste Bathilde

l’homme qui faisait chanter les tuyaux

La lecture de la plaquette concernant le grand orgue du prieuré Ste Bathilde, transmise par Hélène Langlois a fait remonter le souvenir de l’engagement dans la marine de mon frère, mon ainé de cinq ans. A l’époque, notre Père, Henri Lambert, facteur d’orgues et contremaître des établissements Gonzalez, œuvrait dans votre prieuré pour la mise en place de l’orgue.

En 1945, la majorité était encore à 21 ans, mon frère alors âgé de 18 ans, avait besoin de l’autorisation parentale. Patriote dans l’âme et marin de devenir, c’est dans vos locaux qu’il vint demander l’acceptation à notre père de son engagement ; ce qui lie dans mon souvenir l’un à l’autre.

La facture d’orgues était pratiquement présente aux menus des réunions de famille. Notre Grand Père, Charles Lambert, avait été facteur d’orgues, directeur chez Mercklin et Kuhn, Convers, Cavaillé Coll et avait laissé dans la profession le souvenir d’un homme talentueux.

Ses deux fils, l’un mon Père, et son cadet de vingt ans, furent tous deux des professionnels reconnus. Mon Père Henri Lambert, apprenti chez Mercklin, puis plus tard contremaître chez Victor Gonzalez, était pour moi « petit garçon », l’homme qui faisait chanter les tuyaux.

Pendant le début de l’occupation, Monsieur Gonzalez étant retenu en Espagne, notre Père assura la gestion de l’entreprise et, comme contremaître, asura conception, dessin des plans et contrôle de la fabrication. Son frère cadet Roger, au retour des mobilisations de la guerre, fut apprenti chez Gonzalez où il apprit le métier et, aussi doué que ses Père et frère, vola de ses propres ailes et fut le seul de la famille à laisser le nom de Lambert sur un orgue !

J’ai, quoique adolescent et sans aucun don, contribué aux accords des fêtes de Pacques et Noël. C’était plus une récompense qu’un travail ; il ne s’agissait que d’appuyer sur les touches l’une après l’autre pendant que mos Père accordait les tuyaux. En fin d’accord, il vérifiait, par un petit concert tout à fait personnel, une petite ritournelle pour le contrôle, puis selon le local, un air de son choix pour appeler les différents jeux. Souvent c’était une plaisanterie par exemple « Venez divin Messie » dans les synagogues, « le temps des cerises » ou des variations sur la Marseille, voire « Viens poupoule » dans les église et chapelles. Cela me faisait beaucoup rire !

Pendant cette période de guerre Monsieur Dupré avait demandé à notre Père de concevoir un appareil qui puisse enregistrer ses improvisations à l’orgue. Le projet avança, Monsieur venait chez mes Parents voir les progrès, mais la technologie avança plus vite et le projet fut oublié.

C’est à cette époque que, d’un commun accord, mon Père quitta Gonzalez, qui avait du mal à accepter une autre autorité, pour devenir gérant avec Monsieur Masset, des établissements Gutchenritter.

Hommage à mon Père d’abord, mais aussi à tous ces artisans, facteurs d’orgues, qui travaillent dans l’ombre, ne sont jamais cités mais font chanter ces magnifiques instruments.

Maurice Lambert

concert inaugural de l’orgue Gonzalez rénové, le 20 novembre 2022

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